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Don’t Stand Another Chance – Quand Janet, les Jacksons et le funk mid‑80s se télescopent
En bref
Tu veux un morceau qui résume à lui tout seul le moment charnière entre la fin de la soul façon Motown, la montée en puissance de la pop FM et le futur contrôle absolu de Janet Jackson sur son image ?
« Don’t Stand Another Chance », c’est exactement ça.
Un single sorti en août 1984 sur A&M Records, produit par Marlon Jackson, co‑écrit avec John Barnes, avec aux chœurs Michael, Tito, Jackie, Jermaine… bref, quasiment toute l’armada The Jacksons derrière « la petite sœur ».
Pas un tube « grand public » au sens MTV / Top 40, mais un top 10 R&B aux US, un passage marquant dans American Bandstand, une 12″ maxi taillée pour le club, et un jalon essentiel de la funk histoire de la famille Jackson.
On va décortiquer ça comme un DJ qui fouille ses bacs, mais en restant simple, chaleureux, et franchement, un peu passionné à l’excès. Normal.
Sommaire
Table of Contents
ToggleReplace‑toi en 1984.
Michael vient de réécrire les règles du jeu avec Thriller, The Jacksons partent sur la Victory Tour aux États‑Unis et au Canada, les stades sont blindés, les gants pailletés brillent sous les projecteurs, et la machine Jackson tourne à plein régime.
On parle de dizaines de millions de dollars de recettes de tournée, d’une surexposition médiatique, et d’une pression énorme sur tout ce qui porte le nom Jackson.
Au milieu de ce cyclone, tu as Janet, qui a déjà sorti un premier album éponyme en 1982, plutôt orienté bubblegum soul et pop adolescentine.
Elle le dit elle‑même à l’époque : le premier album, c’était l’introduction, le côté « teenager ».
Dream Street, son deuxième album, doit commencer à installer une image.
Elle a 18 ans. On ne lui laisse pas encore les clés de la maison comme sur Control, mais elle pousse déjà pour sortir de l’ombre.
C’est là que débarque « Don’t Stand Another Chance ».
Sorti comme lead single de Dream Street en août 1984, sur A&M Records, il sert à la fois de carte de visite R&B, de clin d’œil aux clubs et de vitrine pour dire : « Attention, la petite sœur, elle peut tenir un titre funky sans rougir. »
Ce qui est fascinant, c’est la position du morceau dans la disco années 70 / début 80s :
– on n’est plus dans la disco orchestrale façon 1978,
– on n’est pas encore dans le son dur, sec et ultra structuré de Jam & Lewis période Control,
– on est sur une soul/funk mid‑tempo, avec des synthés, des claps, du slap en arrière‑plan et un groove pensé pour les DJs R&B, les radios urbaines et les pistes des clubs.
Le morceau ne cartonne pas sur le Billboard Hot 100, mais il tape n°9 du Hot R&B/Hip‑Hop Songs et n°23 du Hot Dance Club Play, tout en squattant la tête du Bubbling Under Hot 100.
En gros : le grand public ne s’enflamme pas, mais les DJ R&B et les clubs suivent.
Pour nous, curateurs funk/disco, c’est souvent le signal qu’on aime : la zone grise des vrais morceaux de heads, ceux que tu retrouves sur des 12″ un peu rincés dans les bacs d’occas.
Et puis, n’oublie pas : 1984, c’est aussi une période où les Jacksons se recoupent partout – albums solo, projets communs, production, chœurs.
« Don’t Stand Another Chance » est une des rares traces discographiques où tu entends Janet en lead, avec ses frères qui lui servent littéralement de backing band vocal.
Pour un fan de funk histoire, c’est un petit trésor.
Ici, on entre dans les détails croustillants.
Bien que les sources directes soient fragmentées, « Don’t Stand Another Chance » a probablement été enregistré dans l’un des studios de luxe de Los Angeles – Capitol Studios ou One on One Recording Studios restent des candidats forts, vu que c’était l’endroit où trainait la famille Jackson pour ses sessions 1983‑1984.
Capitol Studios, construit en 1956 et localisé à Hollywood, est le temple du son lisse, du contrôle absolu.
Frank Sinatra a enregistré ses ultimes albums là-bas.
Prince loue ses studios.
Les Jacksons y ont fait plusieurs sessions.
L’acoustique de Capitol est réputée pour donner une chaleur organique à la batterie, tout en permettant une clarté cristalline sur les synthés – exactement ce qu’on entend sur « Don’t Stand Another Chance ».
Marlon Jackson, producteur de « Don’t Stand Another Chance », c’est pas juste un nom sur un générique.
C’est un musicien complet qui, contrairement à Jackie ou Tito, a préféré rester en coulisse en tant que producteur et arranger.
À l’époque de cette session, Marlon vient d’expérimenter la production sur l’album Triumph (1980) des Jacksons – un album funk/pop qui a prouvé qu’il savait ce qu’il faisait derrière la console.
Ce qu’on sait c’est que Marlon a imposé un groove très spécifique : pas de live drums complets, mais une drum machine main accompagnée de live percussion, une technique qu’il avait affinée avec son producteur collaboratif préféré.
Cette hybridation – entre le son robotique des boîtes à rythmes et l’humanité du live – c’est la signature de la production Jackson début 80s.
John Barnes, le co-producteur aux claviers, était connu pour ses pads synthétiques luxueux et ses arrangements savants.
Les deux ont probablement passé des jours entiers à affiner le son de la section rythmique : comment la basse synthétique « danse » avec la batterie, comment le clap sèche résonne dans le mix, comment le lead synth du refrain (ce solo brillant, presque trompette) crève l’écran sans écraser la voix de Janet.
Janet, à 18 ans, ne chante pas avec la sécurité mielleuse du premier album.
Sur « Don’t Stand Another Chance », tu entends une voix plus assurée, légèrement nasale, avec une attitude.
Ce ton spécifique – pas grave, mais pas non plus flutée comme avant – demande un travail de mic placement et de compression subtile.
Les studios de luxe des années 80 comme Capitol utilisaient du matériel SSL 4000 ou Neve 8088, des consoles qui permettaient des bus de compression douce, idéales pour donner une « cohésion » à une voix isolée.
Le producteur (probablement Marlon ou un ingénieur senior sous sa supervision) a dû laisser respirer Janet : pas trop de reverb (on n’est pas sur Off the Wall), mais assez pour qu’elle se sente « enveloppée ».
Bill Bottrell, l’ingénieur du son de la session, était connu pour son approche ultra-précise.
Il n’y a pas beaucoup d’info détaillée publique sur sa méthode exacte pour Janet sur ce titre, mais Bottrell a laissé des traces de sa philosophie : il enregistrait souvent plusieurs takes vocales en apportant des micro-ajustements d’EQ entre chaque prise, histoire de capter la meilleure « feel ».
Pour Janet, ça aurait signifié un travail sur la projection vocale et la confiance pendant la prise.
C’est où ça devient vraiment excitant. Les harmonies des Jacksons sur ce titre, tu les entends clairement sur le refrain : cette couche lisse de voix qui soutient Janet, ce « Don’t stand, don’t stand another chance » en arrière-plan.
Comment ça s’est déroulé ?
Probable scénario : Janet enregistre d’abord sa vocal lead, une ou deux prises maîtrisées.
Ensuite, Marlon invite Michael, Tito et Jackie à venir faire les harmonies.
La session dure probablement 2-3 heures maximum, vu que ces gars-là connaissaient les harmonies Jackson par cœur – c’était comme respirer pour eux.
Michael, hyper méticuleusement en 1984 (on parle du gars qui refait 40 fois un ad-lib sur Thriller), apporte ses ad-libs caractéristiques : cette façon de « pousser » une phrase avec un « huh » ou un « yeah » placé parfaitement dans le timing.
Tito, musicien complet et guitariste, apporte une stabilité harmonique que tu peux presque « sentir » même s’il chante.
Jackie, le plus « soul » des Jackson, ajoute une texture émotionnelle.
Le multi-track – enregistrement de chaque voix sur sa propre piste – permettait à Bill Bottrell de les mixer avec précision, d’ajouter un léger delay sur les back-vocals pour les « épaissir » sans noyer Janet.
C’est du travail ultra-professionnel, invisible à l’oreille mais essentiellement : du perfectionnisme en action.
Sur « Don’t Stand Another Chance », la basse est le cœur du groove.
Tu l’entends ?
C’est une basse synthétique ronde, probablement en Moog ou Minimoog classique (outil de référence de l’époque), jouée ou programmée pour « swinguer » légèrement – ce qui veut dire que la note ne tombe pas exactement sur le beat, mais légèrement après, créant une sensation de groove.
Cette technique, c’est du Funk 101 : la basse ne doit jamais être « rigide », elle doit « danser » avec la batterie.
Et Marlon savait ça.
Ça aurait pu être enregistré une fois live par un bassiste, puis programmé sur synthé pour plus de contrôle, ou programmé d’emblée si John Barnes a joué la basse en réaltime sur son clavier maître.
Le slap bass qu’on entend par moments (cet effet « pop » court), c’est probablement un coup de percussion ajouté en post-production ou enregistré en studio via un synth configuré pour faire ce bruit.
Les studios de l’époque adoraient ça : ajouter des textures percussives non-conventionnelles pour donner du caractère au groove.
Ici, faut comprendre quelque chose : « Don’t Stand Another Chance » n’est pas un titre jazz, mais il baigne dans une esthétique jazz-friendly.

Pourquoi ?
Parce que la soul Jackson, c’est fondamentalement du R&B urbain basé sur une compréhension jazz des harmonies.
Remonte au début : Joe Jackson (le père) a grandi en écoutant du jazz des années 40/50 – pas du cool jazz mais du bebop urbain et du R&B jump où les saxophones honked et les pianos boogie-woogie créaient du groove.
Quand les Jacksons se forment en tant que groupe enfant chez Motown (fin 60s), Berry Gordy et Quincy Jones travaillent avec eux en imposant des arrangements sophistiqués, empruntés à la grande instrumentation jazz orchestrale.
Sur « Don’t Stand Another Chance », tu entends cette influence indirecte mais réelle :
C’est pas du jazz, mais c’est du funk qui comprend le jazz.
Différence cruciale.
Maintenant, parlons du vrai lien généalogique : la soul 70s des années 70.
Stevie Wonder, notamment sur Innervisions (1973) et Songs in the Key of Life (1976), a redéfini le R&B en mélangeant soul profonde, synthés (il est pionnier du Minimoog en musique pop), et des harmonie jazzy.
Michael Jackson l’étudie attentivement.
Earth, Wind & Fire, c’est la fusion : jazz fusionné avec funk et soul.
Philip Bailey chante comme un ange, les cuivres crient, la section rythmique groove comme du Parliament-Funkadelic, mais les arrangements sont proches du fusion jazz de Herbie Hancock.
Parliament-Funkadelic, c’est où le funk devient quasi-expérimental : George Clinton mélange doo-wop, psychédélisme, jazz fusion, et grooves de funk pur.
Les basslines sont transcendantales, les arrangements chaotiques mais cohérents.
Avec tout ça en tête, « Don’t Stand Another Chance » se positionne quelque part entre :
Le titre n’est pas aussi adventureux que Parliament, ni aussi experimental que Herbie Hancock (Maiden Voyage, Secrets, où le jazz fusion croise l’électronique), mais il respecte les codes établis par ces artistes.
En 1984, Prince et le Minneapolis Sound explosent.
Prince redéfinit ce que peut être un funk moderne : très électronique, hyper sexuel, jazzy sur les harmonies, mais groove‑obsédé.
Janet, chez A&M Records, regarde ça de près.
Elle n’a pas la liberté créative de Prince (pas sur Dream Street, en tout cas), mais Marlon et John Barnes comprennent clairement que le futur du funk passe par une hybridation entre studio modernité et groove oldschool.
C’est pourquoi tu entends sur « Don’t Stand Another Chance » :
| Artiste / Album | Style dominant | Harmonie | Groove | Électronique | « Don’t Stand… » |
| Stevie Wonder – Innervisions | Soul/Funk | Jazz classique serrée | Sublime swing | Minimoog pionniers | ✓ Influence |
| Earth, Wind & Fire – All ‘n All | Soul/Funk/Jazz Fusion | Très jazz (cuivres) | Raide & sexy | Mellotron + synth | ✓ Inspiration |
| Prince – 1999 | New Wave/Funk/Pop | Jazz secrets | Programmé frais | Très électronique | ⚠️ Parallèle |
| Michael Jackson – Off the Wall | Disco/Soul/Funk | Smooth classique | Luxe swingant | Modéré | ✓ Frère aîné |
| The Jackson 5 – Dancing Machine | Pop/Soul/Funk | Pop serrée | Mecanique smooth | Debut synth | ✓ Héritage famille |
« Don’t Stand Another Chance » se positionne comme une continuité Jackson enrichie par l’esthétique Minneapolis (électronique assumée) et le respect du jazz-soul (harmonies, swing, ad-libs).
C’est pas révolutionnaire, mais c’est intelligemment dosé : tu prends le meilleur de 1974-1982 et tu le mets en costume 1984-friendly.
L’un des trucs les plus jouissifs pour un fan, c’est de savoir que sur ce morceau, Janet n’est pas seule.
Sur « Don’t Stand Another Chance », tu entends Michael Jackson faire les ad‑libs, épaulé par Tito et Jackie, parfois Jermaine suivant les sources.
Ça ne s’entend pas comme un feat affiché en énorme sur la pochette, mais quand tu tends l’oreille, tu retrouves la patte Jackson :
– ces harmonies serrées sur le refrain,
– ces réponses vocales en fin de phrases,
– cette façon de « pousser » la lead sans la bouffer.
On est loin du duo spectaculaire façon « Scream » (1995). Ici, c’est de la soul de famille, presque intime : les frères en coulisse qui viennent cimenter le titre de la petite.
Pour un DJ, c’est typiquement le genre de morceau où, en soirée, tu peux glisser l’anecdote au micro ou à tes potes : « Tu l’entends, là, la voix de Michael sur les backs ? »
Là où « Don’t Stand Another Chance » est malin, c’est que derrière le packaging très « family affair », le texte est un pur script de drame R&B classique :
– une rivalité amoureuse,
– une menace extérieure,
– une héroïne qui pose les limites : « Tu n’as aucune chance. »
Janet chante avec ce ton à la fois juvénile et déterminé : elle défend son territoire amoureux, mais sans tomber dans la plainte.
Elle prévient, elle fixe les règles. Déjà, dans l’attitude, tu vois poindre la future Janet de Control, qui ne va plus laisser personne lui dicter son rôle.
Pour toi qui t’intéresses à l’histoire du funk et du R&B, c’est intéressant :
– le thème de la rivalité féminine traverse déjà la soul 70s (pense à Aretha Franklin – « Jump to It », 1982),
– ici, il est remis au goût du jour début 80s, avec plus de confiance, moins de posture de victime.
Et musicalement, ces paroles trouvent un écrin parfait : un mid‑tempo qui laisse respirer chaque ligne, des réponses des chœurs qui accentuent le « You don’t stand another chance », comme un verdict.
On ne va pas se mentir : Dream Street n’est pas l’album le plus célébré de Janet.
C’est même l’un des plus sous‑estimés de sa discographie.
Charting modeste aux US, peu de hits mainstream, on est loin de la machine de guerre que seront Control (1986) et Rhythm Nation.
Mais justement, du point de vue d’un curateur musical ou d’un collectionneur de vinyles, c’est exactement ce genre d’album qui est excitant :
– c’est un disque de transition,
– il garde l’énergie disco/funk early 80s,
– il commence à flirter avec les textures modernes,
– il regorge de titres pré‑Control très intéressants (« Pretty Boy », « Dream Street », « Fast Girls »…).
« Don’t Stand Another Chance » est le centre de gravité R&B/Funk de ce projet.
C’est le titre qui dit : « Ok, on sait faire du groove sérieux, pas seulement des chansons pour la télé et les sitcoms. »
Pour un article orienté funk histoire et disco années 70/80, c’est une clé de lecture parfaite : le son Jackson en mutation.
Tu aimes le vinyle ? Tu vas te régaler, parce que « Don’t Stand Another Chance » existe en plusieurs formats qui valent le détour.
Petit récap (pour te donner envie de fouiller les bacs) :
| Format / Support | Label & Réf. | Contenu principal | Pour qui ? |
| 7″ single (45 tours) | A&M Records – US/EU | « Don’t Stand Another Chance » / « Rock ‘N’ Roll » | Collectionneurs de singles Janet early 80s |
| 12″ maxi (US, 33⅓ RPM) | A&M – SP‑12105 | Specially Remixed Version + Dub Version (~6:52) | DJs, diggers funk/disco, club culture |
| Album LP Dream Street | A&M Records | Version LP (4:18), contexte de l’album | Complétistes Janet / Jacksons |
| CD réédition Dream Street | A&M / Universal Music | Remasterisée, bonus tracks époque | Collectionneurs CD, auditeurs modernes |
| Rééditions digitales / compil. | Catalogues A&M/UMG | Version LP, parfois remasterisée avec metadata 2020+ | Auditeurs streaming, DJs modernes |
La 12″ US est particulièrement intéressante :
– la Specially Remixed Version pousse les synthés au premier plan,
– la version Dub joue sur les fragments vocaux, les échos, les breaks,
– c’est un format parfait pour un mix boogie / early 80s funk.
C’est typiquement le genre de disque que tu peux enchaîner dans un set Mixcloud ou en radio avec :
– du Evelyn « Champagne » King période I’m In Love / Love Come Down,
– du Cherrelle, du Change, ou du Jacksons tardifs,
– ou même des morceaux post‑disco plus électroniques.
Anecdote de digger : les 12″ maxi de Janet sur A&M, surtout les pressages US originaux, peuvent être difficiles à trouver en bon état.
Pourquoi ?
Parce qu’à l’époque, les DJs mettaient vraiment ces disques sur les platines, usaient les sillons, pliaient les pochettes.
Si tu en trouves une avec la pochette intacte et le disque sans pousses à 10/10, tu peux tabler sur 20-40 euros minimum (parfois plus).
C’est pas du Prince ou du Michael rare, mais c’est une vraie pépite de crate.
Tu veux des idées de mixes dans cette vibe ?
Va fouiller du côté de certains DJs qui revisitent la période 1982‑1985 sur Mixcloud, ou pioche dans les sélections nu‑boogie, et imagine « Don’t Stand Another Chance » en surprise, au milieu. Tu verras, ça tient la route.
Quand tu connais par cœur Control et la suite, tu peux te dire : « Ok, tout commence en 1986. »
En réalité, des briques sont posées avant, et « Don’t Stand Another Chance » en fait partie.
Sur ce titre, tu as déjà :
– un tempo qui accepte le jeu du club,
– un personnage féminin fort, déterminé,
– une production resserrée sur le beat et le hook,
– un environnement Jackson où la famille sert de backline.
Quand Janet arrive chez Jam & Lewis (James Harris III et Terry Lewis), deux producteurs de génie qui redéfinissent le Minneapolis Sound appliqué au R&B féminin, ils héritent d’une chanteuse qui a déjà testé ça : chanter sur des grooves R&B modernes, poser une attitude, tenir un single lead sans se cacher derrière la douceur.
« Don’t Stand Another Chance » est comme un brouillon réussi de ce qui explose deux ans plus tard avec Control (où on retrouve précisément ce mélange Marlon/John Barnes appliqué à des titres comme « What Have You Done For Me Lately », « Nasty », « Let’s Wait Awhile »).
Et puis, au niveau de la culture funk/disco, ce morceau montre une chose importante : la soul 70s ne disparaît pas d’un coup. Elle se compresse dans un format plus radio‑friendly, plus synthétique, mais l’esprit reste là :
– le call & response,
– les harmonies groupales,
– la basse qui joue avec la batterie,
– la voix qui raconte un drame intime sur un groove dansant.
Si tu écoutes attentivement les artistes R&B modernes qui respectent la tradition, tu peux entendre l’écho de ce type de titres. Des noms à surveiller si tu veux sentir la filiation :
Mais au‑delà des noms, c’est un état d’esprit : celui d’un R&B qui ne renie pas la danse, qui ne choisit pas entre groove et mélodie. Et là, « Don’t Stand Another Chance » est une brique historique fondamentale. Pas la plus visible, mais une brique qui compte pour toute personne qui étudie sérieusement comment le R&B féminin des années 80/90 s’est construit.
Si tu veux vraiment plonger dans l’univers Jackson et le contexte musical de 1984, voici les ressources vidéo à consulter :
Pour vraiment saisir le contexte du titre, voici une petite liste de morceaux essentiels à écouter avant/après :
Tu prends ces titres, tu les poses dans un mix continu, et tu verras à quel point « Don’t Stand Another Chance » trouve sa place naturellement dans un set funk / boogie / R&B 1982‑1985.

Pour aller plus loin dans ta culture funk/disco/soul autour des Jackson et de Janet, voici quelques albums à (re)visiter :
Q : « Don’t Stand Another Chance », c’est un vrai morceau funk ou juste de la pop R&B ?
R : C’est clairement un mid‑tempo R&B/funk typique de 1984 : batterie sèche (hybride machine+live), basse ronde et swingante, synthés en nappes sophistiquées, chœurs très travaillés. On n’est plus dans la disco orchestrale, mais dans une continuité funk modernisée, pensée pour les radios urbaines et les clubs. C’est du funk au sens où le groove prime, même si la production est FM‑friendly.
Q : Quel est le rôle exact des Jacksons sur ce titre ?
R : Marlon Jackson produit et co‑écrit, Michael/Tito/Jackie (et parfois Jermaine selon les sources) assurent les chœurs et ad‑libs. C’est littéralement un morceau de famille Jackson avec Janet en lead, ce qui le rend précieux pour les fans de la fratrie. C’est du family groove dans toute sa dimension.
Q : Pourquoi on n’en parle pas autant que des titres de Control ou Rhythm Nation ?
R : Parce que Dream Street n’a pas eu le même impact commercial et critique. Mais pour qui s’intéresse à l’histoire du funk et du R&B, « Don’t Stand Another Chance » est une pièce de transition fondamentale dans la construction du personnage Janet Jackson. C’est un titre de connaisseurs, pas de grand public.
Q : Est‑ce que le maxi 12″ vaut vraiment la peine ?
R : Oui, mille fois oui. La Specially Remixed Version et la Dub Version étirent le groove, mettent en valeur les synthés de John Barnes, donnent plus de respirations pour le dancefloor. Pour un DJ funk/disco/soul, c’est un outil parfait en set. Et pour un collectionneur, c’est une pépite vinyle.
Q : Où l’écouter aujourd’hui ?
R : Tu peux le trouver sur les plateformes digitales via l’album Dream Street ou certaines compilations A&M. Mais le vrai plaisir, c’est de le jouer en vinyle, surtout la 12″. Et évidemment, tu peux compter sur radiofunk.radio pour remettre ce genre de pépite en rotation dans un contexte 100 % funk/disco/soul.
Q : Quel est son héritage sur la musique moderne ?
R : Le titre annonce la future Janet : voix plus sûre, attitude ferme, groove ancré dans le R&B mais compatible avec la pop dance. Cette logique d’empowerment sur fond de groove dansant se retrouve aujourd’hui chez des artistes comme H.E.R., Victoria Monét, ou dans le travail de revival funk/R&B de Silk Sonic. C’est un code génétique du R&B féminin moderne.
Q : Qui a vraiment composé le morceau ?
R : Marlon Jackson et John Barnes sont crédités. Il n’y a pas de « mystère d’authorship » connue, contrairement à certains titres Motown où les producteurs s’appropriaient les crédits. Marlon et John ont clairement bossé le titre ensemble en studio.
Q : Pourquoi Janet n’a pas eu plus de contrôle créatif sur Dream Street ?
R : À l’époque, Janet a 18 ans, elle n’a pas encore la leverage artistique qu’elle aura sur Control. A&M Records, ses parents Jackson, tout le monde voulait encore protéger l’image « jeune fille » plutôt que de la laisser explorer. Dream Street c’est un compromise : elle a plus de voix que sur le premier album, mais pas de full creative control. Ça viendra en 1986.
Q : Est-ce que les frères Jackson ont été payés pour les backing vocals ?
R : Probablement un arrangement familial.
Dans les années Jackson, il y a des rôles documentés (qui produit, qui reçoit royalties), mais les backing vocals sur un projet « familial » sont souvent considérés comme contribution au succès de famille.
Impossible de le confirmer sans accès aux contrats A&M de l’époque.
Si tu es arrivé jusqu’ici, tu l’as compris : « Don’t Stand Another Chance », ce n’est pas juste « un vieux single oublié de Janet avant Control ».
C’est :
Pour toi, DJ, digger, auditeur exigeant entre 25 et 70 ans, c’est un titre à réhabiliter :
Et surtout, le vivre comme ce qu’il est vraiment : un groove de famille, au cœur d’une époque où tout bascule.
Les sessions d’enregistrement où Marlon imposait son vision, John Barnes façonnait les synthés, Bill Bottrell peaufinait chaque couche sonore, et Michael venait poser ses harmonies – c’est pas juste de la musique, c’est de l’architecture sonore en action.
Si tu veux prolonger le voyage :
🎧 Branche‑toi sur https://radiofunk.radio,
laisse tourner, et guette le moment où « Don’t Stand Another Chance » surgira au milieu des classiques.
Tu verras, ce jour‑là, tes enceintes vont sourire.
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