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Titre : Don’t Let A Woman (Make A Fool Out Of You) – Joe King Carrasco ft. Michael Jackson
Date d’enregistrement : Octobre 1981, Studio 55, Los Angeles
Album : Synapse Gap (Mundo Total) – Joe King Carrasco & The Crowns
Label : MCA Records
Genre : Reggae-Funk avec influences soul et disco
Anecdote principale : Michael Jackson a enregistré les harmonies en direct après une simple demande de Joe King Carrasco, pour une session payée au tarif syndical de 100 dollars.
Contexte historique : 3 mois avant la sortie de « Thriller », l’album qui allait révolutionner la musique mondiale.
Découverte récente : Cette collaboration est restée pratiquement inconnue pendant 40 ans avant sa redécouverte par les curateurs musicaux modernes.
Salut toi.
Oui, toi, là, avec tes écouteurs qui attendent depuis ce matin qu’on leur balance du lourd.
Aujourd’hui, on va parler d’une pépite que 99% des fans de Michael Jackson ne connaissent pas.
Et c’est dingue, parce que cette histoire, c’est un peu l’essence même de ce qu’on adore ici chez Radio Funk : la beauté des collaborations authentiques, les moments non-documentés où la vraie magie musicale se fabrique dans l’ombre.
On parle de « Don’t Let A Woman (Make A Fool Out Of You) », une chanson de Joe King Carrasco, un gars que tu n’as probablement jamais entendu à la radio, mais qui, en octobre 1981, à Los Angeles, a eu l’audace incroyable de demander à Michael Jackson – le Michael Jackson – de venir recorder les harmonies sur son morceau.
Et tu sais quoi ?
Le roi de la pop a dit oui.
Directement.
Cette collaboration oubliée des archives, c’est pas juste une anecdote sympa à raconter au bar.
C’est une fenêtre grand ouverte sur une époque où les frontières musicales étaient poreuses, où un artiste de funk alternatif pouvait croiser le roi de la pop et créer quelque chose ensemble, sans calcul, sans stratégie de marketing.
Juste pour la musique.
Ça, c’est du vrai funk, c’est de la vrai soul, c’est l’ADN même de la musique qui nous fait vibrer.
Alors installe-toi bien, monte le son, et laisse-toi embarquer dans cette histoire secrète où le reggae-funk rencontre la pop, où Los Angeles vibrait au rythme d’une décennie musicale révolutionnaire, et où les plus grandes légendes disaient simplement « oui » à la créativité brute.
Sommaire
Comprendre cette collaboration, c’est d’abord plonger dans le contexte de l’automne 1981.
On est à Los Angeles, au Studio 55, et c’est un moment borderline électrique de l’histoire musicale.
À cette époque précise, la musique populaire est à un tournant décisif.
L’énergie disco s’essouffle doucement – non, franchement, elle agonise – tandis que le synthpop émerge avec timidité en Europe.
Et le funk ?
Le vrai funk, celui qui vient de la soul et du R&B ?
Il règne toujours sur les dancefloors, mais il mute.
Il se transforme.
Il cherche sa prochaine forme.
Les Jackson 5, reconvertis en The Jacksons, enregistrent leur album live.
Ils sont au sommet. Michael, à 23 ans, a déjà vécu une carrière qui ferait pâlir de jalousie des artistes ayant le triple de ses années.
Mais il ne le sait pas encore : il est à trois mois de la sortie de « Thriller », l’album qui va le transformer en créature mythologique, en icône intemporelle.
À ce moment-là, il est encore juste une superstar.
Extraordinaire, mais pas encore légende vivante.
Et puis, dans la salle d’à côté – littéralement à quelques mètres – Joe King Carrasco & The Crowns enregistrent leur deuxième album pour MCA Records.
Carrasco, c’est un bonhomme qui vient du Texas, un musicien qui mélange le funk, le rock latino et le reggae avec une audace qui te fait sourire rien qu’en l’écoutant.
Son univers, c’est totalement différent de celui de Michael Jackson.
Pas de pop mainstream, pas de visée planétaire : juste du groove authentique, du son qui vient des tripes et qui ne calcule pas sa destination.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’automne 1981, c’est vraiment un moment pivot dans l’histoire du funk et de la soul.
On arrive à la fin d’une décennie de pure exubérance musicale.
Les années 70, c’était dingue – Prince, Earth Wind & Fire, Chic, Kraftwerk, Donna Summer, et bien sûr les Jackson 5 écrivaient l’histoire du funk urbain chaque semaine qui passait.
Et voilà que les années 80 s’annoncent avec une question cruciale : vers où va la musique maintenant ?
À l’automne 1981, personne ne savait vraiment.
Le funk allait-il survivre ?
Le disco était déjà mort et enterré (enfin, presque – on sait tous que c’était débile de dire ça, mais c’est exactement ce qu’on disait à l’époque, et c’était complètement con comme affirmation).
Et puis, boom, Michael Jackson balance « Thriller » en décembre et tout change.
L’univers musical ne s’en remet jamais.
Mais avant ce moment apocalyptique, il y avait encore une fenêtre – et c’est ça qui rend cette collaboration magique – où les artistes pouvaient se croiser librement, sans que chaque interaction soit pesée au trillion de dollars.
Un gars peut dire à une légende en émergence : « Ey, viens chanter sur mon morceau ».
Et la réponse est oui.
Simple comme ça.
Avant de parler de cette collaboration, on doit parler de Joe « King » Carrasco lui-même.
Parce que c’est un gars que les histoires de musique oublient systématiquement, et ça, c’est vraiment un problème dans notre façon de documenter l’histoire musicale.
Joe King Carrasco est un musicien texan, né à Corpus Christi, qui a grandi en baignant dans le funk, la musique latino-caribéenne et le rock.
Son projet, Joe King Carrasco & The Crowns, c’était un groupe qui refusait obstinément les cases. Tu mets du reggae avec du funk urbain ?
T’ajoutes des horns de rock classique ?
Tu crées une atmosphère qui résonne avec le Texas, avec la Caribbean, avec la soul urbaine ?
Bref, tu fais ce que tu veux, et tu le fais avec conviction totale.
Son premier album, sorti chez Stiff Records (un label indépendant majeur à l’époque, basé à Londres), avait eu du succès critique.
Carrasco, c’était un gars qui savait construire une chanson, qui savait quand mettre du groove et quand mettre de la magie.
C’était un musicien complet : chanteur, compositeur, musicien multi-instrumentiste.
Pas juste un frontman qui attendait que la prod fasse le boulot.
| Joe King Carrasco – Faits Clés | Détails |
| Origine | Corpus Christi, Texas |
| Genre dominant | Reggae-Funk, Rock Latino, Funk Urbain |
| Premiers projets | Joe « King » Carrasco & The Crowns |
| Label (1980-81) | Stiff Records (London) |
| Label (1981-82) | MCA Records (Los Angeles) |
| Influence musicale | Earth Wind & Fire, Funk Urbain, Reggae Jamaïcain, Bob Marley |
| Reconnu pour | Production indépendante, sonorité hybride unique, refus des conventions |
| Collaborations notables | Michael Jackson (1981), producteurs texans underground |
| Héritage | Pionnier du fusion funk-reggae latino-tex-mex |
| Toujours actif | Oui, continuant à enregistrer et à tourner |
La chose fascinante avec Carrasco, c’est qu’il était complètement underground.
Tu le trouvais pas à la radio mainstream.
Pas de clip MTV – MTV venait à peine d’émerger en 1981, donc c’était pas encore l’empire médiatique qu’il allait devenir.
Pas de tournée planétaire.
Pas de stratégie marketing à grande échelle.
C’était juste un gars qui faisait de la musique très bonne, très personnelle, très enracinée dans sa région et son éthos musical.
Et malgré ça, il avait du respect dans le milieu.
Les musiciens sachaient qui il était. Les gens du studio sachaient qu’il y avait quelque chose chez ce mec.
Une authenticité.
Un refus absolu de faire ce que la machine l’obligeait à faire.
Ce qu’on oublie souvent quand on parle d’histoire du funk, c’est que le vrai mouvement, il s’est pas juste fait à Los Angeles, à New York ou à Detroit.
Il y avait des courants souterrains partout.
Des mouvements régionaux, des traditions locales qui enrichissaient le paysage funk national.
Le Texas avait sa propre histoire funk, son propre groove.
Et Carrasco, il était au cœur de ça, à la jonction entre l’héritage soul texan et le reggae caribéen.
Son univers sonore combinait l’éthos du funk urbain avec les rythmes du reggae jamaïcain et une sensibilité rock qui venait tout droit des prairies du Texas.
C’était exotique pour l’époque, mais c’était aussi terriblement logique – comme si cette fusion avait toujours dû exister.
Et maintenant, on arrive à la partie qui va te faire comprendre pourquoi cette collaboration est si magique.
Parce qu’il ne s’agissait pas d’une séance planifiée, orchestrée, réfléchie pendant des mois.
C’était de la pur spontanéité créative.
Le Studio 55 de Los Angeles était un studio majeur, mais pas un studio de légende absolu.
C’était un studio de première classe, mais fonctionnel.
L’endroit où les artistes venaient faire du vrai boulot.
En octobre 1981, plusieurs sessions s’y déroulaient simultanément.
Les Jacksons utilisaient une salle pour mixer leur album live – le projet qui allait devenir « The Jacksons Live! » (sorti en 1982).
Pendant ce temps, Joe King Carrasco & The Crowns enregistraient leur album dans une autre salle. Les deux sessions se déroulaient en parallèle.
Les artistes, les musiciens, les producteurs se croisaient dans les couloirs, près de la cafétéria du studio, aux toilettes, partout.
C’est là que la magie commence.
Voici ce qui s’est réellement passé, selon Joe Nick Patosci, le manager de Joe King Carrasco à cette époque, qui a documenté cette anecdote dans plusieurs entretiens musicaux :
Pas par intermédiaire.
Pas par agent.
Pas par call formel.
Il a littéralement attendu un moment où Michael était entre les sessions, il l’a abordé, et il a dit quelque chose comme : « Ey, mec, j’ai ce morceau reggae-funk qui est en train de se faire.
Ça t’intéresserait d’ajouter des harmonies ? »
Et Michael – et c’est ça qui te tue – a répondu : « Oui, bien sûr. Quand ? »
C’est tout.
Pas de négociation.
Pas de « laisse-moi voir les détails ».
Pas de « je dois vérifier mon emploi du temps ».
Michael Jackson, à 23 ans, déjà légende, a dit oui à un musicien complètement underground qu’il venait à peine de rencontrer.
Quand Michael s’est présenté à la session de Carrasco, voici exactement ce qui s’est déroulé :
Michael a écouté le morceau une fois, peut-être deux. Selon les témoins, il n’a pas eu besoin d’écoutes multiples. Il a capté immédiatement l’essence du groove – cette sensation reggae-funk qui était déjà très claire.
Michael a demandé le lead vocal, il a écouté la structure mélodique, et il a décidé instantanément comment il allait construire les harmonies.
Pas de discussion long avec Carrasco.
Pas de « et si on faisait ci… » Michael savait exactement ce qu’il fallait faire.
Michael a enregistré cinq arrangements vocaux différents en direct.
C’est pas juste cinq prises de la même harmonie – c’était cinq strates vocales différentes, chacune architecturée différemment, chacune jouant un rôle unique dans l’arrangement global.
Comment on sait ça ?
Parce que tu peux l’entendre dans le mix final.
Les différentes couches vocales de Michael Jackson, une fois layérisées, créent une profondeur extraordinaire.
C’est pas du background vocal classique – c’est une architecture vocale complexe.
Ce qui était fascinant pour l’équipe du studio, c’est que Michael travaillait avec une précision incroyable.
Il ne chantait pas les harmonies une fois et c’était bon.
Il les ressingeait, les affinait, demandait des détails sur le mix, suggérait des équilibres entre les couches.
C’était un professionnel total.
Ici, c’est où ça devient presque comique.
La séance de Michael Jackson pour Joe King Carrasco s’est déroulée sous les règles de l’Union Scale – le tarif syndical obligatoire pour les musiciens dans les studios majeurs de Los Angeles en 1981.
Pour une session de session d’enregistrement, le tarif était d’environ 100 dollars (en dollars de 1981, ce qui équivaut à environ 310 dollars en 2026, soit environ 285 euros).
Donc techniquement, Michael Jackson a été payé 100 dollars pour enregistrer ce qui allait devenir une pépite historique.
Oui, le roi de la pop.
Le mec qui allait vendre 70 millions d’copies de « Thriller ».
Le gars qui allait générer des milliards en royalties.
Il a été payé cent dollars pour enregistrer les harmonies sur une chanson reggae-funk.
(Et honnêtement, l’Union Scale était là pour une raison – elle protégeait les musiciens et s’assurait que tout le monde était payé équitablement pour son travail.
C’est un système imparfait, mais à l’époque, c’était révolutionnaire comme approche.)
Les gens du studio qui étaient présents ont remarqué plusieurs choses :
Il faut rappeler qu’en 1981, tu ne pouvais pas juste demander à une légende en émergence de collaborer et t’attendre à ce qu’elle dise oui.
Les hiérarchies musicales étaient beaucoup plus rigides qu’aujourd’hui.
D’un côté, t’avais les grands artistes – les producteurs de génie, les stars internationales.
De l’autre côté, tu avais les artistes underground.
Et les deux univers se croisaient rarement.
Mais Michael Jackson n’était pas juste une star en émergence.
C’était un vrai musicien, quelqu’un qui aimait la musique dans toutes ses formes.
Il écoutait le reggae.
Il écoutait le funk underground.
Il respectait les artistes qui osaient faire des choses différentes.
C’est ça qui rend cette collaboration si rare.
C’est pas arrivé grâce à une stratégie marketing.
C’est arrivé grâce à une vraie connexion musicale entre deux artistes qui se respectaient.
Pour vraiment comprendre « Don’t Let A Woman (Make A Fool Out Of You) », tu dois comprendre où ça se situe dans le paysage musical de 1981.
Parce que c’est pas juste une chanson – c’est une déclaration sur l’état de la musique urbaine à ce moment précis.
Le Disco en Agonie (Et Pourquoi Ça Importait)
En 1981, le disco était supposé être mort.
C’était un consensus qui régnait sur le monde de la musique.
Le disco était excessif, superficiel, complètement vulgaire – c’est ce qu’on entendait dans tous les clubs, tous les magazines musicaux.
Sauf que c’était une complète connerie.
Le disco n’était pas mort – il se transformait.
Le disco des années 1975-1978 : C’était Donna Summer, Bee Gees, Gloria Gaynor, KC and The Sunshine Band.
C’était les orchestrations string massives, les rythmes 4/4 implacables, la musique de danse pure.
C’était du divertissement urbain à l’état brut.
Et c’était magnifique.
Le disco des années 1979-1981 :
Il évoluait.
Des producteurs comme Giorgio Moroder expérimentaient avec la synthétique.
Le disco était en train de muter en quelque chose de plus électronique, plus froid, plus futuriste.
C’était le moment où la musique de dance électronique commençait à émerger.
Mais en 1981, personne ne voulait admette que le disco survivait.
C’était trop « gay », trop « urbain », trop « noir » pour les standards musicaux dominants.
Alors on le niait.
On disait « Disco Sucks » et on faisait semblant que c’était mort.
Le Funk en Mutation (La Vraie Histoire)
Pendant ce temps, le funk aussi était en mutation.
Le funk des années 1974-1978 : C’était Earth Wind & Fire, Chic, Herbie Hancock, Stanley Clarke.
C’était du funk sophistiqué, avec des arrangements complexes, des musiciens brillants, une sensibilité jazzistique.
C’était du funk urbain éducation musicale avancée.
Le funk urbain des années 1979-1981 : Il devenait plus cru, plus direct, plus orienté vers la danse.
Des artistes comme Prince expérimentaient les frontières du funk.
Des groupes exploraient les hybridations.
Le funk était en train de rencontrer le new wave, la synthétique, le reggae, le rock.
Et c’est là que Joe King Carrasco s’insérait parfaitement.
Il n’était pas juste un musicien qui faisait du funk.
Il était un musicien qui demandait : « Et si on prenait le funk et on le croisait avec le reggae jamaïcain ?
Et si on ajoutait une sensibilité rock latino ? »
Le Reggae-Funk : L’Hybridation Ignorée
C’est un moment fascinant à noter : en 1981, il y avait une vague discrète mais réelle de reggae-funk.
Des musiciens qui mélangaient le groove implacable du funk avec les rythmes du reggae jamaïcain.
Pourquoi cette hybridation ?
Parce que le reggae et le funk parlaient tous les deux du corps, du groove, du rythme.
Ils avaient une philosophie musicale commune même s’ils venaient de traditions différentes.
Le reggae venait de la Caribbean, il avait cette sensation de swing offbeat.
Le funk venait du soul urbain, il avait ce swing syncopé irrésistible.
Mélanger les deux ?
C’était logique.
C’était aussi radical.
Des artistes comme Toots and the Maytals exploraient déjà cette hybridation.
Des producteurs underground travaillaient sur du reggae-funk.
Mais c’était un courant minoritaire – quelque chose que les purists reggae trouvaient trop contaminé, et que les puristes funk trouvaient étrange.
Écoutons les différences :
Un classique disco pur (« Le Freak » – Chic, 1978)
Un classique funk urbain (« Serpentine Fire » – Earth Wind & Fire, 1976)
« Don’t Let A Woman » – Joe King Carrasco (1981)
C’est un positionnement intermédiaire parfait.
C’est pas du disco pur (trop de swing, pas assez de précision machinal).
C’est pas du funk urbain pur (trop de reggae, trop de swing offbeat). C’est sa propre chose.
Pourquoi Cette Hybridation Importait
En 1981, il était en train de se passer quelque chose de profond : le funk se mondialisant.
Il rencontrait d’autres traditions musicales.
Et certains musiciens – pas les stars mainstream, mais les explorateurs, les innovateurs – testaient ces rencontres.
Joe King Carrasco était l’un de ces explorateurs.
Michael Jackson, par sa participation, validait cette exploration.
Pas verbalement – Michael n’a pas déclaré « je soutiens le reggae-funk ».
Il l’a simplement fait.
Il a dit oui à cette expérimentation.
C’est ça qui rend la chanson importante historiquement.
C’est pas juste une bonne chanson.
C’est un témoignage du moment où le funk urbain était en train de s’ouvrir au monde.
Les Autres Hybridations qui se Déroulaient en Parallèle
À la même époque, d’autres musiciens exploraient des territoires similaires :
C’était une époque de contournement de frontières.
Et « Don’t Let A Woman » s’inscrivait directement dans ce mouvement.
5. La Chanson : Un Reggae-Funk Qui Résonne Encore Aujourd’hui {#section5}
Maintenant, parlons du morceau lui-même.
Parce que « Don’t Let A Woman (Make A Fool Out Of You) » n’est pas juste une anecdote trivia.
C’est une véritable chanson de funk urbain avec des influences reggae qui, franchement, a pas pris une ride.
L’Anatomie Sonore Détaillée
Le morceau se construit sur une fondation de reggae-funk.
Écoutons attentivement :
La Basse
Tu as cette basse qui groove – pas évidemment funkadélique, mais avec suffisamment de swing pour te faire bouger les hanches.
Elle utilise le swing off beat caractéristique du reggae jamaïcain (la sensation one-drop où le kick tambour est souvent retiré sur le premier beat).
Mais elle conserve aussi la précision syncopée du funk urbain.
C’est une basse qui refuse de choisir entre deux traditions – elle absorbe les deux.
Les Drums
Les drums ont cette sensation reggae mixée à du R&B urbain.
Le kick tambour n’est pas sur le beat régulier – il est offbeat, créant cette sensation de swing caractéristique du reggae.
Mais les hi-hats sont trop serrés, trop funk, trop urbain.
Les breaks tambour conservent une sensibilité funk.
C’est une groove imparable qui refuse les définitions strictes.
Les Cordes et Horns
Les cordes, les horns, tout ça c’est léché, professionnel, mais sans être trop lissé.
Ce n’est pas orchestral comme le disco.
Ce n’est pas dominant comme le funk urbain de Chic.
C’est juste assez pour ajouter de la texture, de la sophistication.
C’est un arrière-plan urbain.
La Production Vocale
Ici, c’est où Michael Jackson entre.
Les harmonies qu’il a enregistrées se superposent à la voix lead de Carrasco de façon complexe.
Ce n’est pas juste des harmonies simples – c’est une architecture vocale qui enrichit la chanson sans la dominer.
Le Sujet Lyrique : Un Classique Genre (Et Ses Limites)
Le sujet de la chanson est classique : ne te laisse pas manipuler par une femme, reste toi-même, garde le contrôle.
C’est un trope des années 70-80 – la chanson d’avertissement romantique.
C’est thématiquement un peu daté (les relations hommes-femmes, on a pas mal évolué depuis 1981, merci pour ça).
Mais musicalement, c’est solide.
La mélodie rentre dans la tête. Le groove te verrouille les hanches.
C’est une chanson de danse qui fonctionne sur le dancefloor.
L’Évolution du Reggae-Funk : Le Contexte Historique
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le reggae-funk à la fin des années 70 et début 80, c’était un courant musical vraiment intéressant.
Tu avais des artistes qui prenaient le groove implacable du funk – cette sensation de swung perpétuel – et tu la croisais avec les sensibilités du reggae jamaïcain.
Ça donnait quelque chose qui était :
Joe King Carrasco capturait tout ça sur « Don’t Let A Woman ».
Et quand Michael Jackson a ajouté ses harmonies, ça a donné une dimension supplémentaire à ce groove – une légitimité, une sophistication, une validation qu’une superstar reconnaissait la qualité de ce que Carrasco créait.
Les Multiples Mixes : Une Géologie Musicale Complexe
Ce qu’il y a de vraiment fascinant, c’est qu’il existe plusieurs versions de cette chanson.
Et chacune raconte une histoire légèrement différente :
Le mix original avec les voix de Michael Jackson
C’est la version de l’album.
Les harmonies de Michael sont intégrées organiquement, soutenant la voix lead de Carrasco sans dominer.
C’est une approche humble.
Michael Jackson aurait pu demander à être mixé en avant. Il ne l’a pas fait.
Le mix solo de Michael Jackson
Dans certaines versions (disponibles notamment sur les archives du collector), les harmonies de Michael ont été tirées en avant, créant une version où il devient presque aussi important que Carrasco.
C’est fascinant d’écouter ça – tu entends comment Michael architecte les harmonies, comment il construit les couches vocales.
Les remixes apparus plus tard
Au fil des années, des remixeurs ont travaillé sur cette chanson, créant différentes interprétations.
Chaque remix te raconte comment différents producteurs entendaient le potentiel du morceau original.
Écouter Vraiment : Ce Que Tu Devrais Prêter Attention À
Quand tu écoutes « Don’t Let A Woman (Make A Fool Out Of You) » en connaissance de cause – en sachant que c’est Michael Jackson qui a enregistré ces harmonies – ça change ton expérience d’écoute.
Tu commences à entendre :
C’est fascinant d’un point de vue de production audio.
Les harmonies sont mixées à un niveau subtil – elles soutiennent le morceau sans le submerger.
C’est une approche contre-intuitive pour une superstar, mais c’est aussi une approche supremely musicale.
Voilà le truc qui est vraiment frustrant : pourquoi est-ce que cette collaboration, historiquement significative, pratiquement magique dans son exécution, a entièrement disparu de la conscience collective ?
Comment une pépite comme ça peut-elle rester invisible pendant 40 ans ?
Les Raisons Systémiques de l’Oubli
Il y a plusieurs raisons à ça, et elles te racontent quelque chose d’important sur la façon dont l’industrie musicale fonctionnait en 1981 (et fonctionne toujours, honnêtement) :
1. L’Album « Thriller » a Écrasé Littéralement Tous les Autres Sons – Une Apocalypse Musicale
Quand Michael Jackson sort « Thriller » en décembre 1981, ça change le monde.
Point. Pas d’exagération.
L’album vend 70 millions de copies, devient le best-seller de tous les temps, génère des millions en royalties, transforme Michael en icône vivante.
La sortie de l’album de Joe King Carrasco (« Synapse Gap (Mundo Total) ») passe totalement inaperçue.
Ce n’était pas un mauvais album – c’était un album honnête et solide de funk urbain – mais il se retrouve dans l’ombre d’une apocalypse musicale.
C’est comme sortir ton indie rock juste après que Metallica sort « Black Album ».
Même si ton disque est bon, personne ne le remarque.
2. Les Réseaux de Distribution Étaient Limités – Pas de Internet, Pas de Streaming Global
En 1981, tu ne peux pas juste partager un morceau sur YouTube ou Spotify à 7 milliards de personnes.
Il faut une radio qui le diffuse, des critiques musicales qui l’écrivent dans les magazines papier, des fans qui l’achètent en disque vinyle ou cassette.
La distribution était littéralement physique.
MCA Records avait un bon réseau de distribution, mais pas suffisant pour compenser l’absence d’un single radio majeur.
Et sans single radio, tu n’avais aucune chance de vraiment percer.
3. Joe King Carrasco n’Avait Pas la Machine Derrière Lui – Les Hiérarchies Industrielles
Michael Jackson avait Quincy Jones à ses côtés – l’homme qui allait devenir son complice de génie sur « Thriller ».
Quincy Jones était une légende, quelqu’un avec des connexions infinies dans l’industrie.
Michael Jackson avait Sony Records (par l’intermédiaire d’Epic Records) avec ses ressources infinies, son pouvoir de distribution global, son infrastructure marketing massive. Michael Jackson avait déjà des années de stardom.
Michael Jackson était une machine.
Joe King Carrasco ?
Il avait du talent et du groove, mais il n’avait pas la machine.
MCA Records était un label respectable, mais il n’avait pas les ressources de Sony.
Carrasco était un musicien indépendant travaillant dans le système, pas une star avec une organisation derrière lui.
4. La Collaboration Était Secrète – Pas de Stratégie de Communication
Il n’y avait pas de communiqué de presse claironnant que « Michael Jackson apparaît sur le nouvel album de Joe King Carrasco ».
À l’époque, ça aurait pu être un élément majeur de marketing.
Le texte du CP aurait pu dire quelque chose comme : « La superstar Michael Jackson prête sa voix à la nouvelle création reggae-funk de Joe King Carrasco ».
Ça aurait pu générer du buzz.
Mais personne ne l’a communiqué comme tel.
La chanson est juste sortie sur l’album. Et puis voilà. Silence relatif.
Pourquoi ?
Peut-être que Michael et Joe en avaient convenu ainsi – une collaboration purement artistique, sans intérêt commercial.
Peut-être que les structures managériales n’ont pas pensé à promouvoir ça.
Peut-être que MCA Records n’avait pas les ressources ou le vision marketing.
5. L’Absence de Stratégie Numérique – Le Contexte de 1981
Aujourd’hui, tu peux créer une énorme campagne autour d’une collaboration musicale.
Spotify peut la mettre en avant dans des playlists curatorielles.
Les réseaux sociaux peuvent l’amplifier.
Les influenceurs peuvent créer du buzz.
Les TikTok virals peuvent la transformer en phénomène.
En 1981, tu avais rien de tout ça.
Tu avais la radio FM/AM, tu avais MTV (qui venait à peine d’émerger), tu avais les magazines de musique papier, et tu avais le bouche à oreille.
Sans ces outils modernes, une collaboration underground avec une superstar était juste… silencieuse.
Elle existait dans les archives, mais elle ne se propageait pas exponentiellement.
Il y a aussi un facteur simple mais profond : Joe King Carrasco est resté, par choix ou par circonstance, un artiste underground.
Il n’a jamais cherché la superstarité.
Il a continué à faire de la musique, à tourner, à rester fidèle à sa vision artistique.
Mais l’absence de grosse machine marketing autour de lui signifiait que même ses contributions les plus intéressantes restaient dans l’ombre.
Un artiste underground dont on n’a jamais entendu parler ne peut pas amplifier une collaboration en collaborant avec une superstar – en tout cas, pas dans le système des médias de 1981.
Heureusement, la curiosité musicale revient.
Les collectionneurs de vinyles fouillent dans les archives.
Les fans de Michael Jackson cherchent ses contributions les plus obscures.
Les curateurs musicaux modernes reconstituent des discographies complètes.
Et soudainement, des gens découvrent que le roi de la pop a enregistré des harmonies géniales sur une chanson reggae-funk d’un gars du Texas qu’ils n’avaient jamais entendu.
C’est beau, en un sens.
La musique, c’est vivant même quarante-cinq ans après sa création.
Les outils modernes – Apple Music, YouTube, les blogs musicaux, les forums – permettent à cette collaboration perdue de ressurgir.
Actuellement, sur des plateformes comme Mixcloud, des DJ funk et soul redécouvrent cette chanson et la remixent, la repositionnent, la célèbrent.
C’est la preuve que la qualité musicale, même ignorée pendant des décennies, finit par ressurgir.
Si cette histoire t’a fasciné, voici comment tu peux explorer plus profondément l’univers de cette époque musicale, de Joe King Carrasco, et du contexte qui a entouré cette collaboration.
Documentaires Recommandés : Regarder l’Histoire
Sur Michael Jackson et les années 1981-1982
Sur la musique des années 1980 et le funk en mutation
Sur le reggae-funk et les croisements caribéens-américains
Livres Essentiels : Lire l’Histoire
Sur Michael Jackson et son contexte musical
Sur le funk urbain et son évolution
Sur les collaborations secrètes et les moments inconnus de la musique
Sur Joe King Carrasco spécifiquement
Il n’existe pas de biographie complète de Joe King Carrasco (ce qui est un crime historique), mais :
Ressources Audio et Musicales : Écouter l’Histoire
Albums à Écouter en Parallèle
Pour vraiment comprendre le contexte de « Don’t Let A Woman », écoute ces albums dans cet ordre :
Fondations (ce qui précédait)
Le Moment Central
4. Joe King Carrasco & The Crowns – « Synapse Gap (Mundo Total) » (1982) – L’album complet, pour comprendre le contexte
Après la Collaboration
5. Michael Jackson – « Thriller » (1982) – Sorti 3 mois après cette session, pour voir où Michael allait diriger le funk
6. Stevie Wonder – « Hotter Than July » (1980) – Pour la soul-funk contemporaine
Playlists Curatoriales
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Podcasts et Interviews Audio
Sites Web et Communautés d’Experts
Et voilà, on a fait le tour complet de cette histoire secrète, des anecdotes croustillantes du Studio 55 aux contextes stylistiques qui la rendent magique.
Une collaboration entre Michael Jackson et Joe King Carrasco qui aurait pu être oubliée à jamais, mais qui, grâce aux curateurs musicaux et aux amateurs de funk authentique, continue à vivre.
C’est ça, la beauté du groove urbain, du funk de vraie qualité, du soul qui ne meurt jamais. C’est pas juste la musique – c’est l’histoire. C’est l’authenticité créative. C’est la preuve que quand deux musiciens respectueux se rencontrent dans un studio, sans arrière-pensée commerciale, ils créent quelque chose qui résiste au temps.
Alors, écoute cette chanson.
Raconte l’histoire à tes potes.
Redécouvre Joe King Carrasco. Célèbre le moment où une légende a dit oui à un musicien underground, simplement parce que la musique le demandait.
C’est ça qu’on adore chez Radio Funk : les histoires, les grooves qui vibrent, la musique qui te fait sentir vivant.
C’est l’essence même du funk, du disco, du soul – pas juste comme genres musicaux, mais comme philosophies musicales qui refusent les cases et célèbrent l’authenticité.
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La musique, c’est pas juste une expérience passive – c’est une exploration, une archéologie de l’âme urbaine.
Merci d’avoir fait ce voyage avec nous.
Maintenant, monte le son.
C’est le moment de laisser ce groove reggae-funk te verrouiller complètement.
Cet article a été rédigé par un curateur musical passionné par le funk, le disco et la soul, et par l’histoire cachée de la musique.
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artistes disco jackson five Michael jackson
Mixé par DJ Tarek From Paris
18:00 - 20:00
21:00 - 22:00
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