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Michael Jackson, enfant prodige : De Gary à la gloire avec les Jackson 5
Quand la magie trouve ses premières cordes
Salut toi.
Oui, toi, là, avec tes écouteurs qui attendent qu’on leur balance du lourd.
On va parler d’une histoire qu’on croit tous connaître, mais qui cache des détails qui vont te faire réaliser à quel point le funk et la soul des années 70, c’était vraiment de la dynamite.
Michael Jackson, c’est pas juste un type qui a fait des mouvements avec ses pieds.
C’est un gamin de Gary, Indiana, qui a grandi dans un environnement musical tellement intense, tellement bouffé de funk et d’âme noire, que sa vie entière s’est transformée en une partition musicale vivante.
Les Jackson 5, ce n’était pas une boy band facile à digérer pour les années 70.
C’était une machine à groove, une usine à rythmes qui a changé la façon dont le monde voyait les enfants musiciens.
Avant Michael, les kids chanteurs, ça existait. Mais jamais comme ça.
Jamais avec cette férocité, cette précision, cette compréhension instinctive du rythme qu’on associe généralement aux vétérans du métier.
C’est ça qu’on va explorer ensemble : comment un gamin de neuf ans, venu de nulle part, a revolutionné la musique pop, le funk et la soul en même temps.
Table of Contents
ToggleGary, Indiana, années 1950-60 : une ville ouvrière, grise, mais avec du cœur.
C’est là qu’est né Michael Joseph Jackson, le 29 août 1958.
Son père, Joe Jackson, était lui-même musicien guitariste dans un groupe appelé The Falcons.
C’est important, ça.
Parce que chez les Jackson, la musique, ce n’était pas un passe-temps.
C’était un ADN. C’était pas une question de « si » tu allais faire de la musique, c’était une question de « comment » tu allais être brillant dedans.
La maison Jackson, c’était pas un salon tranquille avec un piano bien rangé.
C’était un laboratoire vivant. Joe Jackson avait vécu l’époque des clubs, des orchestres de R&B, il savait ce que c’était que de sentir une foule vibrer sous un groove bien placé.
Et il allait transmettre ça à ses fils avec une discipline militaire qui frise le légendaire mais on verra que cette discipline produisait du génie.
Michael était le septième enfant de Joe et Katherine Jackson.
Il grandissait entouré de ses frères Jackie, Tito, Jermaine et Marlon – qui tombaient déjà dans la musique comme d’autres tombent amoureux.
Ce qui rend la trajectoire de Michael fascinante, c’est que dès le départ, il était pas juste « un des gamins ».
Il était quelque chose de différent. Plus observateur. Plus affamé. Plus connecté au rythme.
Avant les Jackson 5, il y avait les Jackson Brothers.
En 1964, Joe Jackson décide de formaliser ça, de transformer ses gamins en vrai groupe.
Tito à la guitare, Jackie, Jermaine et Marlon à la voix et pendant longtemps, Michael n’était pas vraiment là.
Il regardait.
Il écoutait.
Il devenait une éponge vivante.
Mais vers 1966, quand Michael entre dans le groupe pour de bon, quelque chose change.
Le groove devient plus serré.
Les arrangements deviennent plus complexes.
Les enfants commencent à se produire à Gary, dans les petits clubs et les églises.
C’est durant cette période que le surnom « Jackson 5 » commence à circuler, même s’ils s’appellent encore les Jackson Brothers sur les premiers labels.
Ce qu’on oublie souvent, c’est que Michael était drôlement timide à cette époque.
Pas le danseur flamboyant des années 70.
Juste un gamin qui voulait bien faire, qui bouffait des heures de danse avec ses frères, qui assimilait tout les mouvements de Marlon, les harmonies de Jackie, la présence du public, tout ça.
En 1968, les Jackson 5 arrivent chez Motown Records.
Berry Gordy, le fondateur de Motown, vient de voir le groupe sur scène à Los Angeles.
Et là, ça a cliqué.
Gordy avait un don pour reconnaître le potentiel brut, pour transformer des talents régionaux en phénomènes internationaux il l’avait fait avec Diana Ross et les Supremes, avec Stevie Wonder, avec Marvin Gaye.
Mais quand il a vu les Jackson 5, il a compris que là, il tenait quelque chose de nouveau.
Michael avait 9 ans.
Et Motown en 1968, c’était pas juste un label.
C’était une usine d’excellence, une école où on t’apprenait à être une star avant même que t’aies fini tes devoirs de primaire.
Le Hitsville U.S.A., le studio principal de Motown à Detroit, c’était le temple du funk, du soul, du R&B propre.
C’est là que les Supremes avaient enregistré « Where Did Our Love Go », où Marvin Gaye avait gravé « Let’s Get It On ».
Avec les Jackson 5, Gordy savait qu’il faudrait faire pareil. Mais mieux.
Il fallait créer un son qui serait propre aux Jackson, qui capterait ce groove familial – ce sentiment de fraternité musicale – tout en le rendant commercial à mort.
C’est là qu’entre en jeu le producteur Hal Davis, avec les arrangeurs James Carmichael et Berry Gordy Jr. lui-même.
Ensemble, ils allaient sculpter le son des Jackson 5.
En novembre 1969, les Jackson 5 sortent « I Want You Back ».
C’est un morceau trempé dans le funk Motown classique – le groove propre, les cuivres circulés, les synthés naissants qui commencent à peine à apparaître chez Motown.
Mais ce qui tue, c’est la voix de Michael.
Cette voix d’enfant, claire, déterminée, mais avec une certaine rugosité, une certaine urgence émotionnelle qu’on n’attendait pas chez un gamin de dix ans.
Le morceau explose.
Littéralement.
En quelques semaines, c’est numéro un aux États-Unis. En quelques mois, c’est un phénomène mondial.
Les enfants Jackson ne sont plus juste une curiosité régionale.
Ils deviennent la bande sonore de l’époque.
Ce qui est extraordinaire, c’est la mécanique du groove dans ce morceau.
Les basses – jouées initialement en studio par Motown – créent une fondation hypnotique.
Michael, au-dessus, alterne entre des couplets quasi spoken, des mélodies accrochantes, et des harmonies frères qui donnent une sensation de conversation plutôt que de performance.
C’est du funk pop avant la lettre.
C’est de la soul qui se laisse caresser par la Pop.
Et personne d’autre à l’époque ne faisait ça comme ça.
Entre 1969 et 1975, les Jackson 5 vont enregistrer une série de disques que peu de groupes – enfants ou adultes – pourraient égaler. « The Love You Save », « ABC », « The Jackson 5 » (album du même nom), « Maybe Tomorrow », « Dancing Machine » – c’est une succession de coups qui change littéralement le paysage de la musique pop.
« ABC » est particulièrement vicieux – c’est un morceau éducatif, oui, mais le groove qu’ils ont construit dessus, c’est du funk pur.
Les cuivres pulsent. Les basses font des sauts qui te rappellent James Brown – le « Godfather of Soul » qu’on vénère en disco-funk.
Michael, avec sa voix qui muait doucement, livrait les paroles avec une confiance qui dépassait son âge.
Et le clip, quand tu le regardais, tu voyais des gosses qui dansaient comme des mecs de 25 ans qui avaient passé dix ans en club.
« The Love You Save » c’est du pur storytelling dansant.

C’est une chanson de la mère Jackson qui raconte à ses fils de pas se laisser séduire par les filles, et Motown l’a transformée en banger avec des orchestrations aux cordes impeccables, des percussions qui roulent comme un train, et Michael qui chante avec une maturité vocale déjà impressionnante.
Et puis il y a « Dancing Machine » en 1974.
Ce morceau-là, c’est une déclaration.
C’est littéralement un hymne à la danse – la danse en tant que forme d’expression, la danse comme communion.
Le groove est construit sur des synthés, des machines à rythme primitives, un son qui sent les débuts de la musique électronique.
Et les Jackson 5, ils le mettent en valeur parfaitement.
Michael, particulièrement, livre une performance vocale qui alterne entre le funk brut et la pop mélodieuse.
Ce qu’on oublie souvent, c’est que Motown Records n’était pas juste un label.
C’était une université du groove.
Berry Gordy avait créé un système d’apprentissage rigoureux où chaque artiste – du plus jeune au plus vieux – apprenait la danse, la comédie musicale, l’étiquette en scène, la gestion vocale.
Les Jackson 5 ont eu droit au même traitement que Diana Ross.
Ils ont étudié auprès de choreographers de classe mondiale. Ils ont appris à bouger comme un seul organisme.
Et c’est crucial pour comprendre Michael. Le gamin arrive à Motown en 1968, c’est déjà un musicien.
Mais Motown lui a donné l’infrastructure, les outils, les modèles pour devenir une star.
Il voyait Marvin Gaye travailler. Il voyait Stevie Wonder enregistrer ses propres compositions.
Il voyait comment une performance se construit, comment un groove se perfectionne, comment une voix se développe avec l’âge et l’expérience.
Si tu veux vraiment comprendre Michael Jackson et les Jackson 5, tu dois comprendre James Brown.
Le « Godfather of Soul », comme on l’appelle.
Parce que tout ce que Michael allait faire avec les Jackson 5 – et ensuite en solo – c’est une conversation directe avec l’héritage de James.
James Brown, c’est l’inventeur du funk.
Dans les années 60, avec des morceaux comme « Papa’s Got a Brand New Bag » (1965) et « Get Up Offa That Thing » (1976), Brown a revolutionné la musique en mettant le groove au premier plan.
Pas la mélodie.
Pas l’harmonie.
Le groove.
La pulsation. Le sentiment physique de la musique.
C’est revolutionary parce que avant Brown, la musique pop était encore très « mélodique » – tu chantais une belle mélodie dessus.
Brown a dit non. La mélodie, c’est secondaire.
Ce qui compte, c’est que tu sentes les basses bouger tes hanches.
Les Jackson 5, particulièrement Michael, ils ont intégré cette leçon.
Regarde « Dancing Machine » ou « ABC » – ce qui rend ces morceaux mémorables, c’est pas d’abord la mélodie (quoique les mélodies soient excellentes).
C’est le groove.
C’est la sensation que tu te mets à danser malgré toi.
C’est du funk avec une candy coat pop pour le rendre accessible, mais le cœur, c’est Brown.
Et puis il y a Marvin Gaye. Gaye était l’introspectif de Motown, le gars qui disait « OK, on peut faire du funk, on peut faire du soul, mais comment on fait du funk qui te brise le cœur? »
« Let’s Get It On » en 1973, c’est pas juste du funk.
C’est du funk érotique, du funk introspectif, du funk qui explore la sexualité et l’amour avec une sophistication que peu de musiciens osaient toucher.
Michael, quand il écoutait Gaye, apprenait que le funk pouvait être nuancé.
Que tu pouvais être soft et intense en même temps.
Que la voix pouvait être une instrument de séduction, pas juste une machine à notes.
C’est une influence invisible mais profonde.
Ça se voit dans comment Michael va développer sa voix au fil du temps – cette capacité à être tendre et brutal dans le même morceau.
Les Jackson 5, c’est pas juste une boy band des années 70.
C’est une réinitialisation complète de la musique jeune.
Ils ont prouvé que les enfants pouvaient faire de la « vraie » musique, avec du groove, avec de la substance, pas juste des chansons mignones.
Ça a ouvert les portes pour tous les jeunes musiciens qui allaient suivre – des enfants prodiges du hip-hop aux jeunes stars du R&B contemporain.
Et sur le funk, l’impact est direct.
Les Jackson 5 ont montré qu’on pouvait faire du funk accessible sans le diluer. Que le groove pouvait être populaire, commercial, et toujours credible.
C’est une leçon que tous les producteurs qui ont suivi ont intégrée.
Quand tu écoutes les meilleurs producteurs de funk des années 80-90 – Jimmy Jam et Terry Lewis, Babyface, les Prince-adjacent comme Sheila E – ils tous reviennent à cette leçon des Jackson 5 : le groove, c’est King.

Aujourd’hui, en 2026, tu entends l’influence partout.
Des artistes comme Anderson .Paak, H.E.R., même Thundercat qui vient du monde du funk mais va le rencontrer avec la sophistication contemporaine – ils tous portent l’ADN que les Jackson 5 ont implanté.
C’est pas direct, mais c’est génétique.
C’est une conversation qui continue depuis cinquante ans.
Et sur les pistes Mixcloud, tu vas trouver des DJs qui font des sets « Jackson 5 Funk Sessions » où ils re-contextutalisent les morceaux originaux aux côtés de productions funk contemporaines. Parce que le groove des Jackson 5, il a pas vieilli. Il s’est transformé, enrichi, mais pas vieilli.
« Diana Ross Presents the Jackson 5 » (1969) – C’est l’album debut, produit par Hal Davis.
Les voix sont brutes, le son est Motown pur, avec des arrangements de cuivres qui frissonnent.
Michael y livre des performances étonnantes – regarde « I Want You Back », évidemment, mais aussi « Chained » et « That’s How Love Goes » où sa voix commence à montrer de la profondeur vocale.
« ABC » (1970) – L’album qui a cimenté les Jackson 5 dans la conscience culturelle.
C’est pas juste une collection de hits.
C’est une déclaration de principes musicaux. Le groove est immédiat, les orchestrations sont soignées, et Michael est déjà en train de développer une signature vocale.
Écoute pas juste « ABC » – va écouter « The Young Folks » et « Never Can Say Goodbye », des pépites moins connues mais essentielles.
« Maybe Tomorrow » (1971) – C’est l’album où tu commences à voir les Jackson 5 comme des vrais musiciens, pas juste une curiosité enfantine.
Le title track est une ballade funk – oui, une ballade funk – avec une sophistication harmonique qu’on n’attendait pas.
Michael y chante avec une maturité vocale impressionnante.
« Lookin’ Through the Windows » (1972) – Un album qui balance entre funk pur et soul raffinée. « Mama’s Pearl » au début, c’est une structure classique Motown-funk, mais les Jackson 5 la rendent leur. Michael fait preuve d’une polyvalence vocale remarquable.
« Dancing Machine » (1974) – Potentiellement leur meilleur album studio.
Les synthés commencent à apparaître, les arrangements deviennent plus éclectiques, et le groove est impeccable du début à la fin.
C’est l’album où tu sens que les Jackson 5 évoluent, qu’ils cherchent à dépasser le formatage Motown pour faire quelque chose de plus personnel.
Pistes essentielles à écouter sans modération :
Motown Records, c’était pas qu’un label. C’était une forteresse musicale.
Hal Davis, producteur clé des Jackson 5, comprenait comment marier la pop accessibility avec le funk credibility.
Les musiciens de studio à Motown – the Funk Brothers, comme on les appelle – c’étaient des virtuoses anonymes qui ont joué sur plus de grands hits que tu peux en compter.
James Jamerson à la basse, Benny Benjamin aux tambours, Uriel Jones aux percussions – c’étaient eux qui créaient le groove que tu entendais.
Et c’est important de reconnaître ça.
Les Jackson 5, c’était pas juste les cinq frères.
C’était un collectif. C’était les producteurs, les arrangeurs, les musiciens de studio, les engineers.
C’est une leçon qu’on oublie trop souvent dans la moderne où c’est « l’artiste » solo qui compte.
Les plus grands trucs, c’est toujours collectif.
Michael Jackson enfant prodige, ce c’était pas un accident.
C’était le fruit d’une éducation musicale intensive, d’un environnement familial qui valorisait l’excellence, d’une arrivée fortuite chez Motown Records au moment exact où le label avait les outils pour transformer du talent brut en phénomène planétaire.
Les Jackson 5, c’étaient cinq garçons de Gary, Indiana qui ont changé la musique pop, le funk, et l’industrie musicale elle-même.
Michael, à neuf ans, livrait des performances que des musiciens adultes n’auraient pu que rêver d’égaler.
Et ce qu’il apprenait durant ces années – le respect du groove, la discipline musicale, la communion avec le public – ça allait définir sa carrière entière.
Alors, la prochaine fois tu écoutes « I Want You Back » ou « ABC », fais pas que danser – écoute vraiment.
Écoute comment le groove est construit.
Écoute comment Michael équilibre la précocité et l’authenticité émotionnelle.
Écoute comment les frères créent une harmonie qui sonne comme une conversation familiale, pas une performance programmée.
Écoute l’héritage.
Et si tu veux explorer plus loin, va trainer sur Mixcloud et cherche des mixes dédiées au funk 70s.
Cherche les sessions « Motown Funk Deep Cuts ».
Cherche les DJs qui rethematisent les Jackson 5 aux côtés de James Brown et Marvin Gaye.
Parce que c’est ça, la beauté du funk – c’est une conversation qui continue depuis cinquante ans, et elle est loin d’être finie.
La musique groove.
C’est ça qui compte.
Et les Jackson 5, ils comprenaient ça mieux qu’à peu près n’importe qui.
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Mixé par DJ Tarek From Paris
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